Les surprises de Chalon-sur-Saône
THÉATRE
La 23e édition du Festival transnational des Artistes de la rue propose, jusqu'a demain, 1.000 spectacles où se succèdent le one-man-show, la performance et le cirque.
UN ROULEMENT de tambours et les vélos de la caravane du Tour de la compagnie Générik Vapeur qui stationnent sur un parking de Chalon-sur-Saône. donnent un avant-goût de l'ambiance joyeuse qui va régner dans Ia ville bourguignonne jusqu'a dimanche avec la 23e édition du festival Chalon dans la rue - l'un des plus importants avec celui d'Aurillac, du 19 au 22 août. Les amateurs de surprises ouvrent grands les yeux et les oreilles pour se Iaisser emporter par une programmation éclectique (clrque, performances, théâtre,... ) avec, cette année, la danse à I'honneur. « Sur quelque 1000 représentations dans le in et le off. 62 sont des rendez-vous chorégraphiques, mais certains durent deux, trois ou cinq minutes », précise Pedro Garcia, directeur artistique du festival.
Un festival gratuit « à 90% » et les entrées payantes vont de 3 à 5 € maximum, « Nous luttons contre l'idde qui dit que si c'est gratuit, ce n'est pas bon », fait remarquer Pedro Garcia. « C'est beaucoup plus abordable qu'à Avignon, et iI y a d'excellents spectacles», constate un couple venu de Blois, accro à Chalon-sur-Saône depuis dix ans. De nombreuses compagnies travaillent « au chapeau » qu'elles font passer à la fin du spectacle, à l'instar d'un « entre-temps de cirque » qui réjouit les familles sous un chapiteau avec Le P'tit Cirk dans « 2 », un spectacle enchanteur. « C'est un marché, ici, nous avons déjà des dates de tournée et nous sommmes connus dans le milieu. mais j'espère qu'un programmateur nous repéra », lâche Danielle Le Pierrès, coauteur et interprète. À Chalon, il faut savoir qu'on se réfère davantage aux noms des compagnies - au nombre de 179 - qu'aux titres des représentations.
300000 spectateurs
Ici, il y a des oeuvres pour tous les goûts, et pas forcément dans la rue. Ainsi, Devoris Causa. présentée aussl sous chapiteau dans un parc où joue la compagnie espagnole Escarlata Circus. Devant le comptoir d'une cuisine qui plairait aux Deschiens, un couple très kitsch, lui en charentaise, elle en tablier fleuri, offre au public une étrange mixture à déguster dans un cornet de papier. Là, cornmence une histoire «cannibalo-culinaire», teintée de poésie.
Plus loin, place de l'Hôtel de Ville, on visite un appartement où déambule une actrice qui défend, à I'aide d'installations diverses, les «femmes vivant en Occident aujourd'hui». Le message féministe de la compagnie Entre chien et loup n'est que trop clair. Le off qui, à la différence du Festival d'Avignon, n'est pas perçu comme un concurrent, ne manque pas de vitalité. Ainsl, Dans la solitude des champs de coton, d'après le texte de Bernard-Marie Koltés, est joué en solo dans une impasse du centre-ville par Frank Baruk, originaire de la troupe Géométrie variable.
Chaque année, le festival draine entre 250000 et 300000 spectauteurs attirés par l'éclectisme des spectacles et I'originalité de certaines compagnies comme Delices Dada qui entraîne le visiteur dans une grande revue cinétique justement baptisée Rushs.
NATHALlE SIMON
• Tél. 03 85 90 94 70,
www.chalondanslarue.com
Devorls Causa, par la compagnie Escarlata Clrcus, se présente comme une fable «canibalo-culinaire». Mlquel Ruiz / El Punt. (photo)
LE FIGARO
Samedi 25 juillet 2009
Pages culture
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